1998-2008

Nicole, c’est moi
62-Nicole c'est moi

Nicole, c’est moi, Espace Go, 2004. Photo : Robert Etcheverry

Dans Nicole, c’est moi, Pol Pelletier refait l’histoire du monde à partir de notre ancêtre, l’homo erectus, qui a vécu il y a 70 000 ans. Elle fait un tour du côté de Mexico, entre la Basilique et les vestiges aztèques, jusqu’au volcan Popocatépetl, puis revient au Québec où tout le monde s’acharne à rire. Elle scrute la « série du millénaire » à la télévision de Radio-Canada où, sur 1000 ans, on n’a trouvé que deux femmes importantes à célébrer, et encore Simone de Beauvoir elle-même a failli ne pas y figurer. Elle cherche des femmes, elle les retrace, elle appelle ses aînées, ses ancêtres, elle ressuscite l’abbesse Hildegarde von Bingen, enfouie au XIIe siècle, Camille Claudel, la folle, qui détruisait ses œuvres, Françoise Loranger, auteure de théâtre, qui a chamboulé les règles du théâtre au Québec, et termine en prenant dans ses bras les 14 victimes de Polytechnique, assassinées il y a 20 ans, une tragédie qu’on a très vite enfouie au fin fond de notre inconscient collectif, de peur de découvrir ce qu’elle signifiait. 

 

Nicole, c’est moi, Espace Go, 2004. Photo : Robert Etcheverry

Nicole, c’est moi avait d’abord été présentée sous le titre Cérémonie d’adieu, à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, en décembre 1999. Le spectacle a été créé à Montréal en 2004 à Espace Go, présenté au Théâtre de la Bordée à Québec, puis a été repris en France de 2005 à 2008. Le spectacle a été joué en France dans les villes de Guingamp, Dinan, Saint-Brieuc, Trégueux, Briec, Landivisiau, Quimper, et Fontenay-aux-Roses dans la région parisienne. Un extrait de Nicole, c’est moi a également été présenté dans le cadre du concert Bleu silence, à la salle Marie-Gérin-Lajoie de l’UQAM, pour la commémoration du 20e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, le 6 décembre 2009.

Une Contrée sauvage appelée Courage

 

Pol Pelletier

Une contrée sauvage appelée courage. Photo : Serge Gauvin

 

Une Contrée sauvage appelée Courage est un vibrant hommage au Québec, une  lettre d’amour écrite en exil de 2005 à 2008, en collaboration avec une metteure en scène danoise, Jette Bastian, et un musicien breton, Alan Madec. Le spectacle réfléchit au véritable rôle de l’artiste, tente de le définir, de l’agrandir, de l’affranchir. 
Pol Pelletier a créé un personnage de mendiante, car elle considère que cet archétype correspond à l’essence même de l’artiste. Les véritables artistes et les mendiant.e.s, les nomades, seraient-ils les derniers êtres libres? Ni docile, ni dépendante de l’État, l’artiste-offrande, l’artiste-dépouillement, l’artiste-dépassement et l’artiste-guérisseuse. L’héroïne de la Contrée sauvage, Ramie (acronyme pour Royale Artiste Mendiante Itinérante Extatique), est une radieuse ramancheuse. Elle vit dehors, avec les oiseaux. Une des fonctions de la Ramie, artiste sacrée et clocharde céleste, est de garder dans sa mémoire des trésors oubliés qui reflètent l’inconscient de son peuple. Une Contrée sauvage appelée Courage est un spectacle de cabaret qui présente des textes héroïques, des chansons et des danses tirées du répertoire des opprimés. Ramie a une autre fonction: amener la nature dans les théâtres et l’incarner. Les textes qu’elle offre sont remplis de bêtes, d’eau, de terre. Parmi ceux-ci, Les Vaches de nuit de Jovette Marchessault et Élégie au génocide des nasopodes de Michel Garneau.
Une contrée sauvage appelée courage. Photos : Serge Gauvin
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